Moeder (Peeping Tom / Barbican Theatre – London)

(quand on ne lit pas la bible)

Moeder ? L’histoire d’un petit Anglais qui, à l’âge de douze ans, ne sait toujours pas écrire le mot « mother » et préfère faire du vélo près du National Theatre ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

La mère qu’on voit partir… Quand le baroque flamand croise le surréalisme belge : les acteurs et danseurs de la saga Peeping Tom se mettent au service d’une comédie énigmatique, en forme de fiction débridée (site du Théâtre de la Ville)

 

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Crédits photos : Herman Sorgeloos

(ceci n’est pas une critique, mais…)

J’aurais pu choisir un musical du West End ou un Shakespeare et bien non, j’ai préféré suivre Camellia Burows et voir cette pièce néerlandaise déjà programmée l’an passé au Théâtre de la Ville.

Devant nous un musée tenu par une famille un peu particulière. Interviendront également des tableaux poussiéreux, une machine à café, une infirmière aux longs bras…

Le spectacle a le postérieur posé entre deux chaises entre humour absurde (l’accouchement qui donne lieu à la chanson de Janis Joplin « Cry Baby » entendue in extenso, interprétée par une des artistes), de répétition à la Fawlty Towers et horreur à l’atmosphère poisseuse (du sang coule des tableaux) mais la sauce ne prend pas complètement. On perçoit diverses références (une danseuse d’origine asiatique dont les contorsions font immanquablement penser à Ring, une enfant beaucoup trop grande pour sa couveuse mais qui ne manque pas d’amour comme l’enfant de la série Kingdom de Lars Von Trier…), des idées (bonnes), tel le bruitage en direct de l’eau (invisible) qui, comme dans un rêve, envahit la salle d’exposition, des idées utilisées une seule et unique fois et laissées par la suite de côté, ou presque.

La maîtrise des corps, dans les chutes notamment, est parfaite. Reste que l’ensemble peine à convaincre totalement, malgré quelques rires, notamment à cause d’un rythme irrégulier et d’un manque de liant entre les tableaux.

 

vu le samedi 27 janvier 2018 au Barbican Theatre (London) (https://www.barbican.org.uk/whats-on/2018/event/peeping-tom-mother-moeder)

prix de la place : 22,40£

 

MOEDER (mother)

mise en scène : Gabriela Carrizo

aide à la mise en scène & dramaturgie : Franck Chartier

création & interprétation : Eurudike De Beul, Maria Carolina Vieira, Marie Gyselbrecht, Brandon Lagaert, Hun-Mok Jung, Yi-Chun Liu, Simon Versnel, Charlotte Clamens

assistance artistique : Diane Fourdrignier – composition sonore & arrangements  : Raphaëlle Latini, Renaud Crols, Peeping Tom – mixage audio : Yannick Willox, Peeping Tom – conception lumières : Giacomo Gorini, Amber Vandenhoeck – costumes : Diane Fourdrignier, Peeping Tom – conception décors : Peeping Tom, Amber Vandenhoeck, Filip Timmerman – construction décors : KVS-atelier, Peeping Tom

En tournée les 13 et 14 février 18 à la Comète (Châlons en Champagne), les 27 et 28 février 18 aux 13 Arches (Brive), le 29 mars 18 au Bateau Feu (Dunkerque)

 

(d’autres histoires)

Gare du Nord – Je décide d’utiliser mon passeport biométrique pour passer le contrôle. Je ne sais pas ce que veut dire « biométrique ». Je scanne la page du dit passeport avec ma photo dessus, celle où je suis barbu, passablement fatigué, les traits tirés et sur laquelle je fais la gueule. Mais quelle est la photo où je ne fais pas la gueule ? Puis je passe dans un couloir dans lequel on scanne ma dite gueule. Souvent je dis que je ne ressemble pas à celui que je crois être. La porte s’ouvre. Ma tête ressemble à la photo. Mince.

 

Cardiff Hotel – Il est vingt et une heures, heure de Greenwich. Les « Winter lights » de Canary Wharf s’éteindront à vingt-deux heures. Je dois partir. Ma lampe de chevet est allumée. Elle était déjà allumée à mon entrée dans le chambre. Enfin je crois. J’appuie sur l’interrupteur, qui éclaire la lumière du plafond. Je cherche frénétiquement le bouton, mais ne le trouve point. J’essaie tous les interrupteurs muraux, en vain. J’ouvre et ferme à clé la porte d’entrée, nada. Je frappe dans mes mains, dit « Stop – close – off – Turn the lights off – Putain, mais tu vas t’éteindre ! » Je crie d’impuissance et me résouds à enlever l’ampoule, me brûle les doigts. Là je vois, l’interrupteur, que l’ampoule cachait. Si je me place au point x en mesurant la taille y, je ne peux voir le dit interrupteur. Je mesure 1m69 et demi. Maudit demi-centimètre.

 

 

 

 

Epicerie de nuit – J’achète une bouteille d’eau Évian et des biscuits McVities. Je donne au caissier trois pièces de 1£. Avant de partir de chez moi, en cherchant mon adaptateur secteur, j’ai retrouvé une enveloppe avec des pièces de monnaie, de Jordanie, de République Tchèque, du Togo, de Syrie… (séquence, je me la pète) et d’Angleterre. Je suis content de retrouver ces pièces. Je me réjouis pour un rien, je sais. Le caissier me regarde d’un drôle d’air : « Mais ces pièces ne sont plus utilisées, Monsieur. Je ne peux les accepter. » Il dit ça en anglais, mais je le comprends. Car j’ai fait Langues Étrangères Appliquées. C’est le genre de phrases que j’arrive à comprendre. Tant qu’il y a monnaie et chômage dans la phrase, je comprends. Le reste…

 

ATM – C’est comme jouer au loto. J’introduis ma carte, demande 100£… D’après mes fins calculs, il me reste sur mon compte l’équivalent de 40£. Je suis très mauvais gestionnaire. Ça me rappelle mon voyage à Berlin en février 2009, c’était la fin du mois et j’avais littéralement explosé mon découvert, je devais attendre deux jours pour recevoir ma paye. Je m’étais nourri de pommes pendant deux jours. Quand j’ai reçu mon salaire, c’était Byzance, je me suis offert un putain de petit-déjeuner gargantuesque, avec fromage, saucisse et le cul de la serveuse (non, à l’époque, je n’aurais jamais osé. Ni maintenant d’ailleurs. Pourquoi ai-je écrit cela ?). Je tape mon code. Qui ne tente rien n’a rien. Si on me refuse 100, je demanderai 80… C’est accepté, 100 quids ! Le plus beau jour de ma vie.

 

The Photographer’s Gallery – Wim Wenders montre quelques deux cents polaroïds, période Alice dans les villes. Que j’aime ce film. Je m’étais rendu à Wuppertal en Allemagne, un des lieux de tournage du film, avec son fameux train suspendu. Aller, retour aller retour. Comme un manège. Wuppertal c’est aussi… c’était, je veux dire, la ville de Pina Bausch. Sa compagnie y est toujours établie. J’ai esquissé quelques pas de danse, comme dans le documentaire de… Wim Wenders, que j’ai découvert grâce aux Ailes du Désir, qui se passe à Berlin. Berlin où j’ai failli mourir de faim, parce que j’avais mal calculé mes économies… Mon truc avec l’écriture a commencé en 1993, une journée d’août, près d’une piscine dans les Alpes. Mon truc avec les voyages a commencé à Berlin. Pas cet hiver-là en 2009, mais en octobre 2000. Je devais passer un an à Berlin, pour mes études, mais… C’est une autre histoire.

(faute de place, n’ont pas été évoqués les lieux Canary Wharf, National Theatre, The Globe Theatre…)

Barbican – Je rejoins Camellia Burows. On boit un vin bouchonné que j’ai choisi, je crois qu’elle m’en veut. On entre dans la salle. Les spectateurs peuvent y entrer avec leur verre de vin ou leur pinte de bière, se taisent à la fermeture automatique des portes, comme par magie…

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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12 réflexions au sujet de « Moeder (Peeping Tom / Barbican Theatre – London) »

      1. J’avais vu 2 pièces au Fringe, ça ne m’avait pas marqué. Peut-être dans le 1e spectacle que j’avais vu, un spectacle d’improvisation musicale… Le 2e, c’était Alphonse de Wajdi Mouawad.

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