Khatia Buniatishvili à la Philharmonie de Paris

(de quoi ça parle en vrai)

C’est Khatia Buniatishvili (j’ai mis un certain temps à savoir comment orthographier son nom) qui fait du piano toute seule et elle joue : Johannes Brahms (Sonate n° 3), Piotr Ilitch Tchaïkovski / Mikhaïl Pletnev (Casse-Noisette), Franz Liszt (Mephisto-Walz n° 1 – Rhapsodie espagnole)

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je sais que je radote, mais j’aime les premières fois et ce soir, c’était mon premier concert de piano classique (je ne sais pas si c’est comme ça qu’on doit dire). J’ai donc choisi pour me dépuceler Khatia Buniatishvili. Et je vais m’arrêter tout de suite dans les commentaires graveleux, je vous rassure.

Ma connaissance en musique classique est assez proche du néant, sorti des Variations Goldberg par Glenn Gould et Fantasia et mis à part le Casse-Noisette par Tchaikovski, je serais bien incapable de départager Liszt de Brahms. Donc c’est avec une certaine curiosité que je m’apprête à écouter et observer la pianiste Khatia Buniatishvili.

A l’arrivée de la soliste, nous n’avons d’yeux que pour elle (par nous, je veux bien évidemment dire je) et à peine a-t-elle eu le temps de nous saluer et de poser son noble séant sur le tabouret qu’elle attaque : Khatiattaque ! Elle ne nous laisse pas respirer, nous qui avions le souffle coupé à son entrée (par nous, je veux bien évidemment dire je). Sa façon de jouer n’est pas jolie, dans le sens posé ou appliqué. Elle est appliquée, mais à la façon d’une rock star. Khatia Buniatishvili est un peu à sa façon la Shannon Wright du piano : cette manière de se cacher derrière ses cheveux, de ressentir le son dans son corps. Ce qui fait la différence, c’est l’expressivité de son jeu, voilà. Je serais bien mal placé de juger de l’interprétation (pour moi, elle joue très bien et est assez impressionnante), mais je peux dire qu’elle vit sa musique, avec un magnifique jeter de tête qu’elle maîtrise de main de maître(sse ?) et qu’avec tout cela, elle donne un nouvel éclairage sur la musique classique.

 

vu le mardi 6 février 2018 à la Philharmonie de Paris 

prix de la place : 18,75€ (cat 4 – abonnement)

 

KhatiaBuniatishvili03-289_RVB
Crédits photos : Jean-Baptiste Mondino (couverture : Gavin Evans)

 

(d’autres histoires)

  • Le bonheur de vivre à sept minutes à pied de la Philharmonie, les six étages de mon immeuble compris. Quand j’emménagerai dans un nouveau chez moi, une de mes priorités sera d’être à moins de dix minutes d’un théâtre ou d’une salle de concert que j’affectionne.
  • Aucune navette à la fin du concert : c’est l’annonce faite à la Philharmonie en raison des intempéries. Il est vrai que nous nous trouvons au fin fond du département, pardon, au fin fond du 19e arrondissement et qu’il n’y aucun moyen de transport digne de ce nom. Pardon, il y a la ligne 5.
  • Fut un temps, on s’habillait pour aller au spectacle. En face de moi, je vois un homme en survêtement. En survêtement.

 

MOI (à ma voisine) : Pardon, on est bien dans la rangée A ?

MA VOISINE : Oui oui.

MOI : Je ne pensais pas être aussi près.

MA VOISINE : Heureusement que la Khatia joue fort.

MOI : Ah bon ? Mais je n’ai pensé pas à prendre mes boules quiès.

Nous sommes en arrière-scène. Les places les plus chères ne sont pas forcément les plus proches du piano, mais là où on entend le mieux. Le piano à queue est ouvert vers l’orchestre, pas vers nous.

MA VOISINE : Vous avez reçu le mail de la Philharmonie ? Ils ont changé la programmation, on a du Brahms à la place de Bach. Aimez-vous Brahms ? (elle rit) Non, parce que Brahms… ça endort…

Après Brahms, ma voisine n’applaudit pas.

MA VOISINE : C’était tout sauf du Brahms, ça. C’est célèbre et ça se permet tout. Ré-interprétation, ré-interprétation…Y a des limites.

 

  • Mon esprit carbure et ça faisait longtemps qu’il n’avait pas carburé comme cela. Dommage que je n’aie rien pour noter ce qui me passe par la tête. Et comme mes rêves, mes idées, mes pensées s’évanouiront dans un endroit bien trop reculé de mon cerveau.
  • Ma voisine applaudit à tout rompre à la fin du concert. Elle est en feu. Elle embrasse et fait coucou à Khatia.
  • Khatia me lance un baiser, je le rattrape. Elle me fait un clin d’oeil. Je rougis. Toute la rangée rougit. Ma voisine aussi.
  • Lors d’un rappel, on offre un bouquet à la pianiste. Je ne comprends pas, je n’ai pas reçu l’enveloppe, on ne m’avait pas prévenu qu’on se cotisait tous pour lui  offrir un bouquet. J’aurais donné deux euros, sans hésiter. Je suis grand prince.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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2 réflexions au sujet de « Khatia Buniatishvili à la Philharmonie de Paris »

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