Le jeu de l’amour et du hasard (Marivaux / Catherine Hiégel / Théâtre de la Porte St Martin)

(quand on ne lit pas la bible)

Le jeu de l’amour et du hasard ? Tournez manège ? Tinder ?

 

(de quoi ça parle en vrai)

M. Orgon décide de marier sa fille Silvia au jeune Dorante. Les deux promis ne se connaissent pas encore, et inquiets de découvrir leur véritable personnalité avant de s’engager, ils ont la même idée sans le savoir : se présenter à l’abri sous un masque, et scruter le cœur de l’autre. Silvia se fait passer pour sa femme de chambre Lisette, tandis que Dorante endosse le costume d’Arlequin,  son valet. M. Orgon et son fils, Mario, qui seuls connaissent le stratagème des quatre jeunes gens, se taisent, et décident de laisser ses chances au jeu de l’amour et du hasard. https://www.portestmartin.com/spectacle/piece/le-jeu-de-lamour-et-du-hasard

 

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Crédits photos : Théâtre de la Porte St Martin

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

Je suis de ceux dont les incursions dans le privé sont rares. Je ne suis pas non plus un inconditionnel des pièces classiques. Si j’en vois, ce seront les acteurs ou le metteur en scène qui m’y entraîneront. En l’occurrence, pour ma première fois (j’aime les premières fois) au théâtre de la Porte St Martin (cela dit, j’avais revu « Réparer les vivants » au Petit St Martin), ce sont les présences de Clotilde Hesme, Laure Calamy et Nicolas Maury qui m’ont incité à voir cette nouvelle adaptation de la pièce de Marivaux. Et pour parler des à-côtés, ce qui m’a gêné, c’est de voir que la majorité de la promo se faisait autour du « vu à la télé » Vincent Dedienne. Attention, je ne remets pas en cause le talent véritable de Dedienne que je n’ai jamais vu sur scène mais dont j’apprécie l’écriture et la drôlerie à l’occasion de ses chroniques chez Yann Barthès ou sur France Inter quand il en faisait encore. Mais je regrette de voir les trois acteurs cités plus haut passer au second plan alors qu’ils ont déjà un sacré pedigree (pèle mêle : Luc Bondy, François Orsoni, Olivier Py, Pauline Bureau, Vincent Macaigne, Robert Cantarella, Guillaume Vincent…). Mais nous sommes dans le privé, c’est la règle du jeu.

Mais la pièce, me demanderez-vous ? (oui, je fais les questions et les réponses). Disons qu’il s’agit ni plus moins du Jeu de l’amour et du hasard. L’ami qui m’accompagnait ce soir-là était ravi, amoureux des marivaudages qu’il est. Pour ma part, je ressens maintenant le besoin de voir autre chose qu’une adaptation sage et polie d’une pièce classique. Les représentations viennent à peine de commencer, donc peut-être qu’ils ont besoin encore de quelques petits réglages, voire de resserrer, de mieux rythmer certaines scènes, car cela a tendance à ronronner. On attend avec impatience les scènes avec la divine Laure Calamy et le truculent Vincent Dedienne pour que le rythme s’emballe et nous fasse franchement rire. Cela dit, je n’ai pas boudé mon plaisir de revoir l’intelligence de jeu de Clotilde Hesme et la sensibilité à fleur de peau de Nicolas Maury, même si j’aurais plus de réserves pour ce dernier dans ce contre-emploi. Je m’en voudrais (oui, je suis comme ça) de ne pas citer les impeccables Alain Pralon et Cyrille Thouvenin. En revanche, nulle trace des noms du figurant ou de la violoncelliste présents également sur scène, il faudra qu’on me dise… (on ne donne pas de programme dans le privé ?)

Pour conclure, Marivaux reste Marivaux et pour qui aime sa langue (façon de parler, je ne connais pas son goût ) et son écriture et pour qui ne s’en lasse pas, on en ressort comblé. Pour les autres (dont moi)…

Ps : Ça résonne quand même pas mal quand les acteurs jouent.

Pps : Va falloir travailler le ventre, Monsieur Dedienne, quand vous criez. On a mal pour vos cordes vocales (appelez-moi le Coach)

 

vu le vendredi 20 janvier 2018 au théâtre de la Porte St Martin.

prix de la place : 36,50€ (cat 2) + 1€ de pourboire

 

LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD

Une pièce de Marivaux

Mise en scène Catherine Hiegel

Avec Laure Calamy, Vincent Dedienne, Clotilde Hesme, Nicolas Maury, Alain Pralon, Cyrille Thouvenin.

Assistante à la mise en scène Marie-Edith Roussillon. Décors Goury. Costumes Renato Blanchi. Lumières Dominique Borrini. Chorégraphie Cécile Bon.

Jusqu’au 31 mars 2018 au théâtre de la Porte St Martin

 

(une autre histoire)

 – Non mais tu comprends, moi je ne vais jamais dans le privé…

– Mais y a Pommerat qui a joué ici l’été dernier…

– Et ? Oui mais moi je l’ai vu dans le public aux Ateliers Berthier, j’ai risqué ma vie sur la ligne 13 pour le voir. Parce que dans le privé… Tiens regarde, à côté de moi, le gars, il regarde sur son smartphone un article du Figaro. Le privé…

– Tu lis parfois les Echos !

– Seulement les pages culture, voyons. Et y a pas de programme ?

– Y avait les flyers à l’entrée ?

– Et ? J’ai donné 1€ à l’ouvreuse, elle aurait pu m’en donner un. Tout ça pour être mal assis dans des loges pour 6 alors qu’il n’y a de la place que pour 4.

– Au théâtre du Soleil aussi on est mal assis et ça dure souvent 4h.

– Oui, mais ça se mérite les spectacles d’Ariane. Moi je suis content d’aller au bout de la ligne 1 et de prendre la navette pour y arriver, sans savoir si je pourrai rentrer après la pièce. Je ne suis pas Uber et compagnie, je susi un vrai de vrai !

– Tiens, y a Pierre Arditi qui va jouer ici à la rentrée prochaine…

– C’est Edouard VII qui va faire la gueule. Il lui fait des infidélités. Mais qui ça intéresse ?

– T’es quand même pas mal manichéen.

– Et ?

– T’es un peu snob.

– Et ?

– Non rien.

– Personne ne se fout à poil chez Marivaux ?

– Non.

– Pffff… J’avais vu Laure Calamy dans Modèles de Pauline Bureau, j’étais au premier rang, elle s’est mise en tenue légère pour une scène, mon regard s’est un peu échappé au niveau de sa poitrine, elle m’a repéré. J’étais mal…

– Tu as déjà raconté cette anecdote.

– Je… Oui, je radote, je sais. Mais est-ce que je t’ai raconté quand Clotilde Hesme est arrivé avec un ballon de basket dans un café ? C’était y a dix ans, ok, mais quand même. Et quand j’ai reconnu Vincent Dedienne, tout de moutarde vêtu, sur la ligne 2 ?

– Ça n’a aucun intérêt, ton name dropping. On aurait pu arrêter ce dialogue un peu plus haut. C’est pas grave, tu sais, le manque d’inspiration, ça arrive à tout le monde.

– Tu es méchant.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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