En manque (Vincent Macaigne / La Villette / Festival d’Automne)

(quand on ne lit pas la bible)

En manque… de sommeil… d’amour… d’argent… tout ça dans le désordre et bien plus encore.

 

(de quoi ça parle en vrai)

Une richissime collectionneuse ouvre une fondation qui contient toutes les œuvres de l’art occidental… Tel est le point de départ à partir duquel Vincent Macaigne confronte ses rêves de jeunesse et ses contradictions d’adulte, entre rébellion et résignation. Au nom d’une certaine idée de l’art. (site de la Villette)

 

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Crédits photos : Mathilda Olmi

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

On nous dit de danser sur scène, boire de la bière, je ne le fais pas. Serais-je passé du côté des vieux cons ? Je suis né fin 1978, j’étais le premier à être heureux de monter sur la scène de Chaillot lors de la présentation de « Au moins j’aurai laissé un beau cadavre » à crier et haranguer la foule, à boire une bière à la Ville pour « Idiot… » Alors pourquoi donc ce soir-là, je n’ai rien fait de tout cela ? Pourquoi n’ai-je pas été séduit par les comédiens sur scène, qui ne déméritaient pas, loin de là (alors que Laure Calamy, Pascal Reneric, Emmanuel Matte, etc sont encore bien présents dans ma tête) ? Macaigne sait encore nous intriguer/hypnotiser avec ces images de destruction, de fumée, d’inondation même. Le côté installation est éblouissant. Reste que je ne suis pas séduit par les jeunes figurants qui s’embrassent, dansent tels des pantins (artificialité du procédé), que c’est seulement après la fête que la pièce prendra sa dimension dramatique. Peut-être aussi la déception de ne pas voir ce spectacle dans un plus petit lieu, on reste extérieur malgré l’excellente création lumières et la sono à tue-tête. Quelque chose n’a pas pris.

vu le vendredi 22 décembre 2017 à la Grande Halle de la Villette

prix de la place : 12€ (tarif obtenu grâce à une amie qui travaille à la Villette)

 

EN MANQUE

Texte, mise en scène et scénographie : Vincent Macaigne
Avec Thibaut Evrard, Clara Lama-Schmit, Liza Lapert, Sofia Teillet, des figurants et des enfants

Collaboration scénographie : Julien Peissel – Lumières : Jean Huleu – Accessoires : Lucie Basclet – Son : Jonathan Cesaroni – Voix : Matthieu Jaccard – Construction du décor : Ateliers du Théâtre de Vidy – Régie générale : Sébastien Mathé – Assistant mise en scène : Salou Sadras

 

(une autre histoire)

(décembre 2017) : Je suis dans la file pour le Macaigne, je suis tout seul. Le gars devant moi se retourne, je le reconnais.

(avril 2017) : L. et moi allons voir une pièce, L. reconnait le metteur en scène de la pièce en question, le salue, nous nous saluons.

(juin 2017) : Je suis sur un bateau entre le Danemark et l’Islande. Je suis tout seul, je n’ai rien à faire d’autre qu’écrire. Je me mets en tête de créer un blog dans lequel j’écrirai des chroniques théâtrales et musicales mais où j’évoquerai surtout ce qui me passe par la tête. Je me lance le défi d’écrire sur tous les spectacles vus durant l’année, à froid. C’est pas très bon, mais j’écris tout de même sur le spectacle vu en avril 2017 et que je n’avais pas beaucoup du tout aimé. Je trouve simple d’égratigner. Trop simple. Je laisse l’article en l’état, je le publie en l’antidatant, il est quelque part dans les méandres des archives…

(décembre 2017) : Je crois que le metteur en scène en question m’a reconnu. Je ne sais pas. Il me regarde comme s’il m’avait reconnu. Je plonge dans mon portable, prend une photo du programme de la pièce de Macaigne, que je posterai sur Twitter.

Après la pièce, je me rentre chez moi, consulte, comme c’est devenu mon habitude, les stats du blog et remarque que la fameuse chronique du mois d’avril a été lue. L’angoisse monte. Les pages « contact » et « à propos » également. Mon coeur bat de plus en vite. Je me souviens. Il m’a vu prendre cette photo et a cherché sur son I-Phone si je l’avais publiée sur un réseau social : La Villette m’a retweeté, il me retrouve, clique sur mon profil, voit les liens de mon blog, clique sur le dernier en date. Comme il se souvient m’avoir vu à son spectacle, il le recherche dans les archives et tombe sur ma chronique assassine. Il lit « N’est pas Macaigne qui veut » : étonnant quand même de le croiser avant « En manque » alors que j’avais écrit ces mots-là six mois plus tôt. Il lit : « … et je ne vais pas parler de l’égocentrisme de l’auteur et metteur en scène qui fait jouer à trois acteurs ses alter-egos (« oui, je m’inspire de Fernando Pessoa… »)… » J’écris aussi autre chose que je ne reproduirai pas ici, j’ai dû l’énerver. J’ai peur pour ma vie, parce qu’il est tellement simple de retrouver ma trace, mon nom, mon adresse, mon numéro de téléphone.

Je décide de partir, d’acheter un billet de train à 150€ pour me réfugier dans ma cabane à la campagne (mais avec du wifi), là au moins il ne saura pas me retrouver. Adieu et joyeux Noël !

Toujours tu tourneras ton stylo sept fois dans ta langue avant d’écrire des paroles un peu blessantes. Tu diras plutôt que la troupe avait une belle énergie. Voilà. Que c’était conceptuel et généreux. Même si c’était vraiment criard, égo-centré et que n’est vraiment pas Macaigne qui veut. Me voilà qui recommence, je ne peux plus m’arrêter. Au secours !

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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