Actrice (Pascal Rambert / Bouffes du Nord)

(quand on ne lit pas la bible)

Les portraits de Bette Davis, Katharine Hepburn, Jacqueline Maillan… sont accrochés au fond de la scène. Au centre de celle-ci, Marina Hands qui appellera l’esprit de Stanislavski pour devenir la meilleure actrice du monde. Une voix chuchote… C’est l’hologramme de Zaza Huppert transformée en Sarah Bernhardt…

 

(de quoi ça parle en vrai)

La pièce raconte les derniers jours d’une immense actrice. En quelques semaines, elle dit adieu à ceux qu’elle a aimés. Toute sa famille est là, ainsi que ses collègues du théâtre. Jusqu’à la fin. Entourée de centaines de bouquets de ses admirateurs. Comme dans un reposoir. (Pascal Rambert)

 

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Crédits photos : Jean-Louis Fernandez

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

La pièce tient en deux mots : Marina et Hands.

A notre arrivée, nous sommes fascinés par ce parterre de bouquet de fleurs sur scène et au centre de celui-ci une personne à priori malade puisqu’elle est dans un lit médicalisé (oui, je suis perspicace). Ceux qu’on devine être ses parents dorment, non loin d’elle. Noir. Marina Hands prend la parole dans la pénombre et la première chose qui nous surprend, c’est sa voix, puissante, habitée. Nous ne voyons rien d’autre que sa voix. Et c’est sa voix, plus tard son visage, son corps, qui nous mèneront jusqu’à la conclusion de la pièce. Parce que je sais que si jamais je revois « Actrice » (ce qui n’est pas dans mes intentions, je précise), je me focaliserai uniquement sur la performance de Marina Hands qui m’a bouleversé et bien plus encore.

La pièce est plus ou moins un enchaînement d’adieux à la grande actrice que Marina Hands interprète. Le dispositif est plutôt artificiel : un invité arrive, les parents sortent, l’invité a terminé son monologue, les parents reviennent, un autre invité arrive, les parents et le premier invité sortent, le deuxième invité fait son monologue, les parents et le premier invité reviennent à la fin de celui-ci… Je simplifie mais pas que.

Les acteurs ne m’ont pas vraiment convaincu dans l’ensemble (exception faite à Audrey Bonnet dans sa dernière scène), pas aidés parfois par l’ingratitude du rôle (je pense aux enfants) ou par un texte trop démonstratif. Parfois, nous entendons même quelques poncifs sur le théâtre, des phrases toutes faites, dites notamment par Luc Bataïni, anciennement faux supporter du RC Lens dans le Stadium de Mohamed El Khatib. Qu’on réfléchisse sur le théâtre ne me dérange pas du tout, bien au contraire, si seulement ce n’était pas amené aussi maladroitement (genre je regarde le public en lui faisant presque un clin d’oeil)… Bataïni dit également (ça, je l’ai retenu, parce que je cogite énormément là-dessus en tant que comédien amateur) (je paraphrase) : « On croit que l’acteur est tout le temps dans son rôle, mais c’est faux. Parfois il flotte. Les acteurs se regardent, regardent jouer l’autre… »

Dis, Marina, tu as flotté, toi ? Parce que je t’ai bien observée et tu étais tout le temps dedans, même quand tu ne parlais pas et parfois ça pouvait être long. Tu apportais de la fièvre (c’est normal quand on joue quelqu’un de mourant), de la malice, une joie désespérée. C’était mon bonheur du soir. Je crois que je suis amoureux…

 

vu le mercredi 20 décembre 2017 aux Bouffes du Nord (Paris)

prix de la place : 20€ (abonnement cat 2)

 

ACTRICE

Texte, mise en scène et scénographie : Pascal Rambert
Avec Marina Hands, Audrey Bonnet et Ruth Nüesch, Jakob Öhrman, Elmer Bäck, Yuming Hey, Emmanuel Cuchet, Luc Bataïni, Jean Guizerix, Rasmus Slätis, Sifan Shao, Laetitia Somé, Hayat Amiri, Lyna Khoudri et Anas Abidar en alternance avec Nathan Aznar et Samuel Kircher.

Lumières : Yves Godin – Costumes : Anaïs Romand – Assistante à la mise en scène et directrice de production : Pauline Roussille

Jusqu’au 30 décembre 2017 aux Bouffes du Nord et en tournée : les 11 et 12/01/18 au Bonlieu (Annecy), du 24/01 au 04/02/18 au TNS (Strasbourg), du 6 au 10/03 aux Célestins (Lyon), mais également à Cergy Pontoise, Valenciennes.

 

(une autre histoire)

Pascal Rambert raconte comment il a abordé Marina Hands : « Une fois je cours et je vois arriver face à moi Marina Hands. Je lui dis que je l’ai vue il y a deux soirs dans Ivanov (…) et que son travail était merveilleux prodigieux merveilleux. » Plus tard il écrira qu’il ne s’était même pas donné la peine de se présenter.

Je pose la question : Mais où s’est-il donc entraîné pour croiser Marina Hands ? Parce que moi, ça ne m’est jamais arrivé. Je tiens la scène du film « Deux automnes trois hivers » comme étant le rêve absolu, dans laquelle les personnages de Vincent Macaigne et Maud Wyler se heurtent pendant une course et tombent amoureux, un peu à la Notting Hill. J’ai beau chercher, je n’ai vu personne… Ah si, Dominique Frot (pas Catherine, la soeur… et pour qui l’a vue dans « The Smell of Us » de Larry Clark »… bon voilà quoi… J’ai rien contre elle, mais bon… c’est pas Marina, quoi). Pis, même si je la croisais, Marina, je serais bien incapable de lui dire : « J’aime beaucoup ce que vous faites », sans parler de « Et j’aimerais faire des bébés avec vous. » Alors, oui, Rambert n’a pas dit qu’il était Rambert quand il l’a croisée, mais il savait qu’il était Rambert. Moi qui suis-je ?

Ah si pardon, j’ai déjà croisé Barbara Schultz à la piscine, y a plusieurs années. Bon, entre le bonnet, la marque des lunettes, le maillot et ma carrure et mes poils, pas vraiment le bon endroit… Bingo ! Un de mes fidèles lecteurs a créé un jeu : le Bingo d’Axel (ou jeu à boire). Dès que je parle de piscine, de poils, il boit. Ça fonctionne aussi avec certaines phrases : « comment dire ? » « je pose la question ». Le bingo royal, c’est quand je fais semblant d’écrire une autre histoire ayant un lien avec la pièce en question alors qu’en fait je bifurque sur une autre histoire, qui n’a rien à voir. BINGO ROYAL !

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

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