Adieu Ferdinand ! (Philippe Caubère / Athénée Louis Jouvet)

(quand on ne lit pas la bible)

Le taureau Ferdinand tire sa révérence, malheureux qu’une pauvre poupée gonflable lui ait piqué le rôle dans « Jusque dans vos bras » par les Chiens de Navarre.

 

(de quoi ça parle en vrai)

Quoi ? Ferdinand Faure ? Des adieux ? Pour de vrai ? « Il fallait bien que ça arrive… écrit Philippe Caubère.  D’aucuns penseront : « Il était temps ! » Voire : « C’est un peu tard… » Peu importe : c’est là. » Ferdinand Faure tire sa révérence, raccroche les gants, rend son tablier. En 1e partie : La Baleine (ou Moby Dick) sera le récit burlesque de la première trahison sexuelle de Clémence par Ferdinand au Théâtre du Soleil, pendant la création de L’Âge d’or. Dans Le Camp naturiste, Clémence entraînera Ferdinand au camp de Montalivet dans l’idée de lui faire oublier le cauchemar de son divorce avec le Théâtre du Soleil, ainsi que celui de la création de Lorenzaccio au Palais des Papes en compagnie d’une troupe de Belges. En 2e partie : Le Casino de Namur (les Pétrieux) fera se retrouver Bruno, pilier du Roman d’un Acteur, et Ferdinand, quelques temps plus tard, en plein marasme et hiver belges. De la voiture pourrie de Bruno, jusqu’à ce casino qui fait le titre (site du théâtre)

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Crédits photos : Michèle Laurent

(ceci n’est pas une critique, mais…)

À la fin de la deuxième partie d’ « Adieu Ferdinand ! » , je me suis posé la question suivante : serais-je passé à côté de la première partie ? Parce que dimanche dernier, j’étais colère contre Philippe Caubère. Pourtant ce jour-là, j’avais bien dormi, bien mangé, j’étais plutôt de bonne humeur, et surtout je n’avais aucun a priori négatif concernant le spectacle, puisque j’ai toujours apprécié les spectacles de Caubère. Non, après réflexion et surtout après cette dernière partie : j’avais bien vu ce que j’avais vu. La première partie du dernier chapitre de l’histoire de Ferdinand était loin d’être bonne, s’étirait en longueurs, sans rythme et même vulgaire, splitch splatch splotch.

C’est donc à reculons (et un peu fatigué par la soirée de la veille ainsi que par une journée de labeur irritante) que je suis allé voir la deuxième partie du dernier chapitre qui était également la première des représentations, vous me suivez ? Et là, j’ai retrouvé un Philippe Caubère comme je l’avais aimé la première fois que je l’ai vu, d’une drôlerie, d’une malice… avec un rythme endiablé, dépeignant des personnages savoureux. Les histoires en elles-mêmes étaient tout autant anecdotiques, mais le traitement était différent et passionnant, comme si Caubère avait pris plus de plaisir à nous les raconter ce soir-là. Je parlais de vulgarité un peu plus haut, il y en a également dans cette deuxième partie, cependant cette vulgarité, je ne l’ai pas trouvée vulgaire, si je puis dire.

Tout est question d’énergie, d’envie, de plaisir. Dommage de ne pas retrouver cela dans la première partie, mais comme ces histoires sont nées d’improvisations, nul doute que Philippe Caubère ne présentera pas le même spectacle demain, après-demain, ni le mois prochain. Demain est un autre jour. Chaque représentation est unique, etc.

 

vu le dimanche 3 décembre 2017 (1e partie) et le mardi 5 décembre 2017 (2e partie) au théâtre Athéenée – Louis Jouvet (Paris)

prix de la place : 2 x 20 € (pass 2 soirées pour le lancement en cat 2)

 

ADIEU FERDINAND ! (La Baleine & Le Camp naturiste + Le Casino de Namur (les Pétrieux))

trois contes écrits, mis en scène et joués par Philippe Caubère, après avoir été improvisés 34 ans plus tôt devant la caméra de Pascal Caubère

et les regards de Clémence Massart et Véronique Coquet

assistant à l’écriture Roger Goffinet – lumière Claire Charliot – son Mathieu Faedda

à l’Athénée Louis Jouvet jusqu’au 14 janvier 2018

 

(une autre histoire)

Troisième année à Paris. C’est l’automne. Je n’ai pas repris le théâtre et je ne vais pas au théâtre. Parce que je vais aux concerts. Parce que je ne sais pas où ni quoi.

Dans le métro. Je viens de passer la soirée avec un copain de collège. Ligne 9. J’ai pas mal bu. Elle entre dans le wagon. Elle, c’est une actrice. Du genre terriblement belle. A mon goût en tout cas. Pas vraiment connue. Elle a joué dans le premier film de Xavier Giannoli. Pas la fille de Johnny, l’autre. D’habitude, je ne fais que regarder, mais cette fois-ci, non. Je me souviens qu’une copine de l’école où j’ai fait mes études un an auparavant la connaissait, elle m’en avait parlé. Je dis à mon pote : « Excuse-moi, je crois que je vais… » Je l’aborde : « Vous êtes comédienne ? Vous vous appelez Marie, c’est ça ? » Elle se demande si c’est du lard ou du cochon. Je la rassure : « Je suis un ami de Chloé. Elle m’a parlé de vous. » Elle est rassurée et me dit : « Vous faites le même métier qu’elle ? C’est beau. En fait, je suis plus une amie de sa soeur. Mais je me souviens de la dernière soirée, oui. » Le contact est établi. Mon ami descend à la station suivante, je lui dis à peine au revoir, ingrat que je suis. On parle de mon métier, de la difficulté de celui-ci. Je ne veux pas en parler. On commence à parler cinéma et surtout théâtre. Je lui dis que j’en ai fait à Marseille, que je n’y vais pas vraiment depuis que je suis à Paris.

Elle : Je sors d’une pièce qui s’appelle « Le cabaret des hommes perdus ». Tu connais ? Non ? C’est au Rond Point. Mais si je puis te conseiller un spectacle, c’est un de ceux que présente Philippe Caubère. Tu connais ? Il a travaillé avec Ariane Mnouchkine. Il en parle d’ailleurs dans ses spectacles. Il les a écrits à partir d’improvisations. Ça peut durer deux heures comme quatre. Il est excellent. Tout seul, sur scène. Tu n’as d’yeux que pour lui. Vraiment, faut que tu y ailles. Je descends, là. Toi aussi. La ligne 3 ? Moi je sors, là. Ça a été un plaisir de discuter avec toi, Axel. Au plaisir…

Je ne me souviens même plus si on s’est fait la bise ou seulement salué. Depuis je ne l’ai plus revue autrement qu’au cinéma, au théâtre ou à la télévision. Ça m’a fait du bien de la rencontrer. Genre de rencontres impromptues, uniques, brèves, sans conséquence.

En rentrant chez moi, j’ai suivi son conseil : j’ai pris un billet pour un des spectacles de Philippe Caubère. Je l’ai vu, puis j’ai enchainé avec ses autres monologues. Inconditionnel je suis devenu, au point d’avoir la prétention de faire comme lui. Se raconter à travers un personnage. Mon rêve.

Parfois je me dis que je devrais écrire à Marie. Quand j’ai écrit et monté ma première (et unique) pièce (pour l’instant), j’avais eu envie de lui dire mais je ne l’ai pas fait, je ne sais pas pourquoi.

 » C’est un peu à cause de toi, tout ça. Aussi à cause de l’ami qui m’a poussé à écrire pour le théâtre, mais c’est toi qui m’as incité à voir Caubère, c’est toi qui m’as remis un pied dans les théâtres, au point de ne plus pouvoir m’en passer et d’en faire parfois trop. L’écriture, le jeu, le théâtre, tout ça est lié. Je sais que tu joues au théâtre de l’Atelier au printemps prochain « King Kong Théorie ». Je viendrai te voir. Et qui sait ? »

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

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2 réflexions au sujet de « Adieu Ferdinand ! (Philippe Caubère / Athénée Louis Jouvet) »

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