Mélancolie(s) (Collectif In Vitro / Théâtre de la Bastille)

(quand on ne lit pas la bible)

Une pièce qui ne sait pas trop où elle va. Elle hésite. Une… deux… trois mélancolies… Elle veut donner sa chance à toutes les mélancolies, que tous ses personnages aient la possibilité d’avoir la leur. Car ma mélancolie n’est pas forcément la même que la tienne.

 

(de quoi ça parle en vrai)

Dans Mélancolie(s), un peu des Trois Sœurs et beaucoup d’Ivanov ont été « fusionnés » par Julie Deliquet, puis repris, improvisés par huit comédiens du Collectif In Vitro, avec cet impératif original : tous les mots sont de Tchekhov, ou presque ! (site du théâtre de la Bastille)

 

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Crédits photos : Simon Gosselin

 

(ceci n’est pas une critique, mais…)

J’avais beaucoup entendu parler du Vania de Julie Deliquet avec des acteurs de la Comédie Française et que j’avais malheureusement raté. C’est pourquoi j’étais curieux de découvrir son travail, toujours avec Tchekhov, mais avec des acteurs du collectif In Vitro dont elle fait partie.

Malheureusement je n’ai pas été convaincu par cette tentative de mash up des Trois Soeurs et d’Ivanov. Pourtant j’étais bien entré dans la pièce, notamment grâce à la justesse de Julie André (Olympe) et à la malice de Aleksandra de Cizancourt (Natacha), même si on peut s’interroger sur l’utilité du petit film vidéo en introduction, qui nous présente les personnages de Nicolas et Anna ou la chronique d’une mort annoncée (de leur relation ?). Je parvenais même à (plus ou moins) oublier l’adaptation des « Trois Soeurs » de Simon Stone vue la semaine précédente, qui m’avait plus qu’enthousiasmé, mais bien différente de celle qui se déroulait sous nos yeux, plutôt intéressante. Pourtant quelque chose s’est cassé au passage du chapitre deux. Est-ce le jeu de Eric Charon ou son personnage de Nicolas/Ivanov qui m’a exaspéré alors qu’il prenait de plus en plus d’importance ? Sont-ce les longueurs de cette deuxième partie qui m’ont plongé dans un ennui à peine gommé par la dernière partie ?

Je crois qu’en fait, j’ai été plus ému… c’est peut-être pas le bon mot… questionné… pas le bon mot non plus… remué par une phrase dans le programme que par le spectacle tout entier : « J’aime l’idée que ce sont des êtres au milieu de leur vie qui se sentent déjà vieux. »

 

vu le vendredi 1e décembre 2017 au Théâtre de la Bastille (Paris)

prix de la place : 13€ / mois (pass annuel)

 

MÉLANCOLIE(S)

Avec Julie André, Gwendal Anglade, Éric Charon, Aleksandra De Cizancourt, Olivier Faliez, Magaly Godenaire, Agnès Ramy et David Seigneur

Création et adaptation collective à partir des Trois Sœurs et d’Ivanov de Anton Tchekhov

Mise en scène de Julie Deliquet/Collectif In Vitro

Collaboration artistique Pascale Fournier – Scénographie Julie Deliquet, Pascale Fournier et Laura Sueur – Lumières Jean-Pierre Michel et Laura Sueur – Costumes Julie Scolbetzine – Musique Mathieu Boccaren – Films Pascale Fournier – Régie générale Laura Sueur

Production Collectif In Vitro

Jusqu’au 12 janvier 2018 au théâtre de la Bastille (Paris), le 10 février 2018 à la Scène Watteau (Nogent sur Marne), les 4 et 5 avril 2018 au théâtre Joliette Minoterie (Marseille), etc.

dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.

 

(une autre histoire)

Quand on repense à nos amours passées, ça s’appelle la mélancolie ? La différence avec la nostalgie, c’est quoi ? Je ne me souviens jamais. Comme pour les mots « regret » et « remord ». C’est quoi ton remède à la mélancolie ? J’ai beau essayer d’aller de l’avant, de regarder droit devant, je n’y arrive pas. Je n’ai pas l’impression de faire du surplace, pourtant, non, je chemine à hue et à dia, à mon rythme. Il n’empêche, j’ai ces putains de rétroviseurs. Quand j’avais vingt ans, je conduisais une Citroën Visa, avec le starter qu’on tire pour mieux la faire démarrer. Elle avait un rétro intérieur, normal, et un autre extérieur, côté conducteur. Mais pas côté passager. Je tournais alors souvent la tête, pour l’angle mort. Un peu comme quand je skiais, voir ce qui arrivait en amont, quand je négociais mon virage. Je disais quoi, déjà ? Je ne peux m’empêcher de regarder derrière moi. Je ne sais pas si c’est la quarantaine qui approche à grands pas, que je me retrouve pratiquement en haut de ce grand toboggan : je monte, je monte, je monte, je regarde en bas pour voir tout le chemin effectué, mais une fois en haut, il faut bien redescendre, en glissant. Et quand on glisse, ça va plus vite. On a beau s’agripper aux parois… déjà, ça couine, ça crisse, ça donne des frissons dans le dos, mais on descend quand même.

 

Textes (sauf mention contraire) : Axel Ito

 

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